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Pourquoi ça ne marchera pas

Posté par: Jean-Marie François Biagui| Dimanche 22 mai, 2016 15:05  | Consulté 2832 fois  |  0 Réactions  |   

Dans une démocratie, a-t-on coutume de dire, la majorité gouverne et la minorité s’oppose. Cette espèce de ferment, quand il est actif, s’appelle ‘‘Le dialogue politique’’ en démocratie, où les acteurs peuvent justement parler pour être écoutés, mais pas nécessairement pour être entendus. En fait, c’est cette possibilité d’être écouté sans nécessairement être entendu de l’autre, et sans encourir des représailles de sa part, qui donne ses lettres de noblesse à la démocratie.

De même, quand on consulte un tiers pour avis ou simplement pour découvrir sa réflexion sur tel ou tel sujet, on est déjà dans la dynamique de dialogue. En l’occurrence, sur les questions d’intérêt hautement national, le président de la République se doit, spontanément, naturellement, de consulter aussi bien la majorité présidentielle que l’opposition, tout au moins représentative, et éventuellement les leaders d’opinion représentatifs de la société civile. C’est en tout cas ce que le président François Hollande a cru devoir faire quand la France a été frappée, dans ce qu’elle considérait comme ses valeurs propres, par le terrorisme jihadiste. Le président français avait alors reçu en audience les chefs de file des forces vives du pays. Même les partis extrémistes ou considérés comme tels avaient été consultés, sans conditions, par le chef de l’Etat français.

C’est que le dialogue (politique) ne saurait appeler, sous aucun prétexte, à la reddition (politique). Or, chez nous, au Sénégal, ‘‘dialoguer’’, pour le « système » (majorité et opposition confondues) et même pour le commun des mortels, c’est ‘‘amener l’autre à se rendre’’, à se renier, si ce n’est l’humilier ou le pousser à l’humiliation, tout simplement. Le dialogue entre l’Etat et le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) l’illustre à souhait depuis plus de deux décennies, par cela seul qu’il doit son infortune à la volonté inconsidérée de tous les Gouvernements successifs d’arracher au MFDC, à l’usure du temps, sa reddition pure et simple. C’est-à-dire, même pas contre 1 franc symbolique.

Sous ce rapport, donc, quel sens peut bien recouvrer l’appel au dialogue national du président Macky Sall ?

Le dialogue, qui se veut prometteur, c’est avant tout un dialogue sincère et non-contraint. Comme tel, il s’exonère de toute propagande ou publicité a priori, et il ne s’embarrasse pas de préjugés et autres états d’âme. Il est ensuite ordonné à un objectif ou but : élever le plus haut possible les protagonistes, du moins à la mesure de leurs humanités respectives. C’est alors, enfin, c’est-à-dire a posteriori, qu’il appelle à sa propre publicité, pour être éventuellement célébré en tant que tel, officiellement donc. Car les dialogues qui se fêtent, ce sont exactement ceux qui sont effectifs et efficients, et qui sont par conséquent terminés et bien terminés. Mais guère jamais ceux que l’on se contente d’appeler de ses vœux, pour y être notamment contraint.

Dakar, le 22 mai 2016.

Jean-Marie François BIAGUI

Président du Parti Social-Fédéraliste (PSF)

 L'auteur  Jean-Marie François Biagui
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Jean-Marie François Biagui
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