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Leçons d’Outre-mer

Posté par: Jean-Marie François Biagui| Lundi 05 novembre, 2018 14:11  | Consulté 68 fois  |  0 Réactions  |   

[Avis d’expert ? Ou bien une simple lapalissade ? (X)]

 

Nous le voyons bien avec la Nouvelle-Calédonie : quand un Pays ou une Région, une Société ou une Communauté, jouit réellement des attributs les larges en termes d’auto-administration ; et quand en même temps il peut en mesurer les effets et les retombées positifs, socio-économiques, politiques et culturels ; non seulement les Citoyens concernés se sentent reconnus dans leur existence, mais ils s’en contentent littéralement, au point même de renoncer, délibérément, en toute connaissance de cause, à leur accession à la pleine souveraineté.

En l’espèce, ils sont heureux de jouir de toutes les attributions d’un Etat souverain, à l’exception des prérogatives régaliennes telles que la Défense, la Sécurité, la Justice, les Affaires Etrangères, l’Education, l’Economie et les Finances, les Ressources Energétiques et Minières, l’Environnement ; même si ces dernières, du moins pour certaines d’entre elles, peuvent être partagées.

Sous ce rapport, manifestement, l’histoire donne bien raison au leader du Front de Libération Nationale Kanak et Socialiste (FLNKS), Jean-Marie Tjibaou, assassiné le 4 mai 1989 pour avoir signé le 26 juin 1988 les Accords de Matignon, auxquels nous devons, non seulement la paix durable et la stabilité de la Nouvelle-Calédonie, mais le référendum, désormais historique, du 4 novembre 2018. ‘‘L’indépendance, c’est le droit de choisir ses interdépendances’’, aimait-il à dire.

C’est en effet, selon notre propre acception, le droit de disposer de son individualité propre, soit quant à son organisation interne et à son accomplissement socio-économique, politique et culturel, soit – et c’est selon ! – quant à ses relations nationales, fédérales, confédérales ou internationales.

Ainsi, l’indépendance apparaît-elle comme le droit qui confère l’aptitude ou la capacité à disposer de soi-même, quel que soit le contexte (Etat unitaire, Etat fédéral, Etat confédéral, Communauté d’Etats) auquel on est lié.

C’est que la pleine souveraineté, ou l’indépendance, n’est jamais une fin en soi.

Aussi, le ‘‘NON’’ à l’indépendance, obtenu le 4 novembre 2018 lors du référendum sur la question « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante », témoigne-t-il : (i) que la Nouvelle-Calédonie n’est pas pleinement souveraine ; (ii) que, donc, elle est souveraine jusqu’à un certain niveau seulement, et en quelques domaines seulement ; (iii) et que la majorité des Néo-Calédoniens s’en accommodent, s’y plaisent, ou s’y complaisent.

Et parmi ces derniers, il y a naturellement des Nationalistes, naguère des Indépendantistes (quand la Nouvelle-Calédonie était on ne peut plus marginalisée par un Etat ultra-centralisateur), mais aujourd’hui des Autonomistes, devenus tels à la faveur précisément du Statut d’Autonomie la plus large que la Nation française eût jamais connu, dont bénéficiait jusqu’alors la Collectivité Territoriale de la Nouvelle-Calédonie.

Cependant, le ‘‘Processus de Nouméa’’ prévoit deux autres référendums sur le même thème, en 2020 et 2022. Bien joué, pourrait-on dire, de la part des Nationalistes, Indépendantistes et Autonomistes confondus. Sauf que, d’ici là, la France aura certainement lâché du lest au profit d’une Nouvelle-Calédonie substantiellement plus autonome.

Oui, la France mettra sûrement le paquet pour que la Nouvelle-Calédonie, comme la Corse, ne s’en aille pas. Et l’on peut gager qu’elle ne s’en ira pas, malgré la nette progression des Indépendantistes constatée lors du référendum du 4 novembre 2018.

N’est-ce pas ce que nous appelons de nos vœux depuis plusieurs décennies pour la Casamance, à défaut d’une fédération qui concerne, non seulement la Casamance, en proie aujourd’hui encore à une guerre d’indépendance, mais toutes les autres Régions naturelles du Sénégal, dans le cadre d’un Etat fédéral sénégalais ?

Nous faisons en tout cas le pari que c’est la voie indiquée, aujourd’hui plus que jamais, pour le retour de la paix définitive, sinon durable, en Casamance.

Dakar, le 5 novembre 2018.

Jean-Marie François BIAGUI

Président du Parti Social-Fédéraliste (PSF)

 L'auteur  Jean-Marie François Biagui
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Jean-Marie François Biagui
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