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En hommage au « COMZONE », le colonel El Hadji Babacar FAYE, appelé à d’autres fonctions…

Posté par: Jean-Marie François Biagui| Vendredi 13 septembre, 2013 17:29  | Consulté 3452 fois  |  0 Réactions  |   

 

Mouvement                                                                                                                      

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En hommage au « COMZONE », le colonel El Hadji Babacar FAYE, appelé à d’autres fonctions…

 

Alors que l’on offre un pot d’adieu en hommage au « COMZONE » (pour commandant de zone militaire), le colonel El Hadji Babacar FAYE, j’entends déjà le silence assourdissant et jouissif de ceux qui auront eu, finalement, sa peau. En fait, celui-ci est promu chef d’Etat-major adjoint de l’Armée de Terre, au terme d’une grosse année passée à la tête de la zone militaire N°5 basée à Ziguinchor. De toute évidence, il en a les compétences professionnelles et les qualités humaines.

Appelé à commander la zone militaire N°5, réputée la plus sensible pour être le théâtre de trois décennies de guerre en Casamance entre l’Etat et le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC), le colonel El Hadji Babacar FAYE aura eu pour tâche et la lourde responsabilité, dès son entrée en fonction, de gérer une première crise, celle consécutive à l’enlèvement, en novembre 2011, par la faction MFDC dirigée par Salif SADIO, de militaires et de gendarmes, et qui trouvera un épilogue heureux le 9 décembre 2012. Or, sans plus tarder, une seconde crise va survenir, celle relative à l’enlèvement, le 3 mai 2013, de douze démineurs de la société sud-africaine Mechem ; un enlèvement revendiqué et assumé, cette fois-ci, par la faction MFDC dirigée par César Atoute BADIATE, tandis que les infortunés de Mechem seront libérés, les premiers (en fait trois dames) le 28 mai 2013 et les neuf autres (tous des hommes) le 12 juillet de la même année.

Dans les deux cas, la joie légitime des uns, exprimée notamment à la libération des otages, se conjuguant avec l’humiliation imméritée des autres, y compris de la République, cela fera craindre le pire. Mais, au final, fort heureusement, rien de la sorte n’y fera. D’ailleurs, tout à propos, est-ce vraiment un hasard si des accrochages meurtriers ont opposé récemment, dans la région Nord du Mali, une unité de l’armée nationale, opportunément requinquée avec l’appui de la MUNISMA (la force multinationale présente au Mali), à des éléments armés du MNLA (Mouvement National de Libération de l’Azawad) ?

Quoi qu’il en soit, tous les « clignotants » passés au « vert » en Casamance, depuis l’entrée en fonction du « COMZONE », le colonel El Hadji Babacar FAYE, sont restés au « vert ». Et ils le demeureront jusqu’à son départ pour ses nouvelles fonctions. Ceci, il faut le dire, est à mettre à son actif, cependant que, paradoxalement, ce qui est perçu comme une promotion professionnelle recèlerait quelque sanction « politique ».

En effet, le colonel El Hadji Babacar FAYE serait affecté  comme « COMZONE » à Ziguinchor pour « faire la guerre », et voilà qu’il aurait eu la mauvaise idée de « faire la paix ». Ainsi, en pleine crise déjà, consécutive à la prise en otage des militaires et gendarmes, d’aucuns verraient, dans l’accalmie générale qui prévalait alors concomitamment en Casamance, quelque conséquence directe de ce que le « COMZONE » serait en intelligence avec « l’ennemi ». Naturellement, cette allégation malveillante va parvenir aux oreilles sensibles de la République et troubler au passage certaine quiétude. Qui plus est, la libération des otages militaires et gendarmes d’une part, et de la société Mechem d’autre part, n’étant guère immédiatement suivie de représailles punitives de la part de l’armée, notamment pour laver l’honneur de la République, l’on a dû inférer de cela que le « COMZONE » faisait ainsi preuve de faiblesse.

Et pourtant, la doigté et la sagesse, avec lesquelles le colonel El Hadji Babacar FAYE a géré ces deux crises, tout en canalisant intelligemment toutes velléités de reprise des combats en Casamance, participaient – à n’en point douter ! – d’un déploiement certain de force d’âme à toute épreuve. Toutes choses, en tout cas, qui font que, à ce jour, malgré les humiliations essuyées çà et là, tous les « clignotants » sont encore au « vert » en Casamance, au grand soulagement des populations casamançaises.

Alors, ne serait-ce que pour cela, je dis bravo ! et merci au colonel El Hadji Babacar FAYE ; ainsi que je souhaite la bienvenue au nouveau « COMZONE », le colonel Cheikh WADE. Mais je lui souhaite, surtout, beaucoup de chance, à la suite du désormais ex-« COMZONE ». Car, il en faudra, de la chance, pour que le nouveau « COMZONE » puisse faire autant que son prédécesseur, sinon mieux, voire plus. Or, faire mieux ou plus, en l’occurrence, peut vouloir dire « faire la guerre ». A Dieu ne plaise qu’un tel scénario vienne obérer dangereusement le processus de paix en Casamance.

Dakar, le 13 septembre 2013.

Jean-Marie François BIAGUI

Président pour le Fédéralisme

et la Démocratie Constitutionnels (MFDC)

 L'auteur  Jean-Marie François Biagui
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