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Après le blocus à la frontière gambienne, la joie béate en Casamance ?

Posté par: Jean-Marie François Biagui| Dimanche 10 avril, 2016 12:04  | Consulté 3237 fois  |  0 Réactions  |   

Avec le blocus imposé à la frontière gambienne par un regroupement de transporteurs, en représailles contre une augmentation subite et quasi-exponentielle de taxes frontalières, d’aucuns semblent découvrir, soudain, que la Gambie ne relie pas la Casamance au reste du Sénégal et que, tout au contraire, elle l’en sépare littéralement, tel un mur. L’on se surprendrait même à apprendre que la Gambie n’a guère jamais pour vocation d’unir les Sénégalais du Sud et les Sénégalais du Nord. Le voudrait-elle d’ailleurs, qu’elle en serait aussitôt disqualifiée, sans appel, par sa réalité propre.

Or, c’est désormais une réalité historique, au grand dam des indépendantistes casamançais réunis au sein du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC) et de sa branche armée ATIKA, les Casamançais se veulent majoritairement des Citoyens sénégalais. Or cette option de la majorité des Casamançais, pour autant qu’elle soit davantage politique que sociologique voire socioéconomique et culturelle, a un coût, qui consiste entre autres à assurer – notamment aux populations du Sud et à celles du Nord désireuses de se rendre au Sud chaque fois que de besoin – leur libre circulation, ainsi que celle de leurs biens, en tous temps et en toutes circonstances. Et ce, à l’égal de toutes autres populations évoluant ou opérant sur toute autre partie du territoire national. Or ce coût doit être assumé de tous, y compris surtout par les Casamançais qui ont opté, dans leur écrasante majorité, en toute légitimité, pour l’intégration pérenne de la Casamance dans le Sénégal.

C’est pour ainsi rappeler que, pour les Sénégalais, en particulier les Casamançais, d’une part et, de l’autre, dans l’intérêt de l’économie nationale ainsi que pour le développement du pays, partir du Sud pour le Nord, ou inversement, par telle ou telle voie de contournement de la Gambie, doit se concevoir comme la règle, et le demeurer. De la sorte, la voie trans-gambienne recouvrerait son vrai sens, soit celui d’une voie d’exception, voire de luxe, pour les usagers de tous bords.

Rappelons, tout à propos, que la Gambie est un Etat souverain. Et, comme tel, il lui appartient de juger, de manière souveraine, de l’utilité ou non de considérer chaque usager de la voie trans-gambienne comme une « pépite » pour son économie et d’agir en conséquence. En l’occurrence, c’est à la Gambie, et à elle seule, pour peu qu’elle le veuille, de se donner les moyens d’engranger sur son propre territoire autant de « pépites » que de candidats au voyage par la trans-gambienne. Ceci est à plus forte raison valable pour les transporteurs de marchandises destinées au marché gambien.

Certes, il est autrement plus onéreux de partir par exemple de Ziguinchor pour Dakar via Tambacounda. Du moins, si l’on ne tient guère compte de chaque heure perdue à la frontière gambienne ou au bac de Farafegny ou encore sur les deux tronçons gambiens de la trans-gambienne. Mais, tout compte fait, la seule voie de salut terrestre demeure le contournement de la Gambie.

Aussi, notre revendication de toujours trouve-t-elle ici toute sa pertinence, savoir que la construction de voies de contournement et notamment d’une véritable route nationale à deux voies séparées d’un terre-plein, ralliant Dakar à Ziguinchor via Tambacounda, et doublée d’un chemin de fer, est et reste un impératif à la fois national et républicain. L’Etat en a-t-il les moyens ? Oui, assurément ! Les Autorités qui nous gouvernent en ont-elles la volonté politique manifeste ? Allez savoir !

Quoi qu’il en soit, les Casamançais d’une part et les usagers traditionnels ou habituels de la trans-gambienne d’autre part doivent se lever pour contraindre l’Etat, d’abord à s’approprier objectivement le « principe de la continuité du territoire national », et ensuite à en faire une véritable réalité nationale, non seulement pour son propre intérêt et pour sa pérennité en tant que tel, mais encore et surtout pour le bien-être de ses Citoyens du Sud, du Centre, de l’Est, de l’Ouest et du Nord. Indistinctement, et avec équité.

Dakar, le 10 avril 2016.

Jean-Marie François BIAGUI

Président du Parti Social-Fédéraliste (PSF)

 L'auteur  Jean-Marie François Biagui
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Jean-Marie François Biagui
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